02/02/2012 | Mise à jour :13:35 | Réactions (1) | J'aime (1)
Je m’appelle Sandra Reinflet, j’ai 30 ans et, si je devais cocher une case dans la rubrique profession d’un formulaire administratif, je choisirais probablement «artiste». Difficile de se résumer avec un métier aussi peu définissable (d’ailleurs, se définit-on par son métier ?), mais avant d’animer la nouvelle rubrique EarthTalent sur les femmes qui bougent à travers le monde, il me fallait me présenter, c’est la politesse après tout. La moindre des choses, même parait-il.
Alors voici la quatrième de couverture de mon histoire, comme un prologue aux portraits de femmes que je rédigerai deux fois par mois ici-même.
Je suis née à six ans, lorsque je me suis rebaptisée Marine Goodmorning (Marine, pour une raison occulte et Goodmorning, afin de porter un nom anglais, prémisse à une future carrière internationale – Good morning étant alors le seul mot de vocabulaire à mon actif, le choix ne fut pas difficile). J’ai ensuite tout mis en œuvre pour concrétiser mon statut de chanteuse-écrivain-voyageuse-styliste autoprocl...
Alors voici la quatrième de couverture de mon histoire, comme un prologue aux portraits de femmes que je rédigerai deux fois par mois ici-même.
Je suis née à six ans, lorsque je me suis rebaptisée Marine Goodmorning (Marine, pour une raison occulte et Goodmorning, afin de porter un nom anglais, prémisse à une future carrière internationale – Good morning étant alors le seul mot de vocabulaire à mon actif, le choix ne fut pas difficile). J’ai ensuite tout mis en œuvre pour concrétiser mon statut de chanteuse-écrivain-voyageuse-styliste autoproclamée : j’ai créé une maison de couture sans même savoir faire un ourlet, un groupe de musique alors que le seul instrument que je maîtrisais était la flûte à bec, une bande (mal) dessinée dans le journal satirique du collège…
Et puis au lycée, la question cruciale et concrète de l’orientation s’est posée. Quelles études allais-je suivre? Un conseiller pédagogique a réalisé une batterie de tests sur ma personnalité, pour finalement m’annoncer qu’il avait trouvé LA solution : une école de commerce. Cela me permettrait d’accéder à une pléiades de possibilités, de pouvoir voyager, vivre à l’étranger, etc.
De ma classe de terminale littéraire, je n’avais jamais envisagé cette possibilité, mais, docile (et indécise), j’ai passé les concours, entre autres inscriptions en fac de lettres et de philo. J’ai été reçue à l’ESSCA d’Angers, ai choisi d’y entrer, puis m’y suis intégrée au-delà de toute attente : vie associative surdéveloppée, stage chez L’Oréal assez fructueux pour qu’ils me proposent une pré-embauche, j’étais totalement acclimatée… Jusqu’à l’accident de voiture qui a tout changé, l’année de mes 20 ans.
Trois semaines durant, je ne savais pas si j’allais y survivre. L’idée de ma propre mort, qui ne m’avait pas effleurée jusque là, me heurtait soudain de plein fouet. Je pensais avoir le temps de réaliser mes rêves de gosse, gardant au chaud ces projets pour plus tard, après mes études, après la sécurité. Il y avait soudain urgence.
Cet événement a été un déclencheur, une prise de conscience : je ne pouvais plus attendre.
Je suis alors partie étudier le journalisme aux Philippines pendant huit mois, travaillant en parallèle bénévolement dans une prison pour jeunes femmes. J’ai été éblouie par leur enthousiasme et leur détermination à s’en sortir malgré leur passé douloureux. L’association les aidait à reprendre une formation, à envisager un avenir professionnel. L’une d’elles, après s’être prostituée, est même devenue médecin… C’est là-bas que l’idée de 81 Femmes est née. Avec ma meilleure amie, Yuki, nous allions réaliser un tour du monde à la rencontre de femmes de notre âge qui concrétisent leurs rêves malgré des contextes parfois difficiles.
Ce projet a germé tandis que je terminais mes études puis travaillais deux ans à la communication du festival Solidays. J’ai pendant ce temps monté un groupe de musique, tourné dans les cafés-concerts de Paris, me suis installée avec l’homme qui partageait ma vie… Et puis, consciente qu’à trop remettre à plus tard, il pourrait bien être trop tard, je me suis un jour décidée à quitter cet environnement confortable pour mettre sur pieds le tour du monde dont Yuki et moi avions rêvé.
Après huit mois de préparation intense (le projet a été soutenu par la Ville de Paris, le Ministère de la Jeunesse, le département des Yvelines, Adidas, Axa assurances…), nous avons décollé pour 14 mois à travers 20 pays. Tout au long du périple, nous écrivions des articles pour des journaux et magazines français (Métro, Psychologies, Ushuaïa, DS, Cosmo…). L’objectif était de faire connaître les réalisations de ces femmes qui malgré des vies bien différentes, ont toutes en commun de transformer les choses pour se réaliser.
De retour de voyage, nous avons monté une exposition, donné de nombreuses conférences pour témoigner de leur expérience, et j’ai publié un livre aux Editions Michalon[1]. Il m’a alors semblé évident que je ne pouvais plus transmettre les messages de ces femmes qui osent sans les appliquer à ma situation, conserver un emploi salarié et vivre mes passions en dilettante. J’ai donc décidé de me consacrer à l’écriture (un deuxième projet à paraître en mars 2012 est en cours) et à la musique surtout. Après une tournée d’une quarantaine de dates, mon premier album est sorti en février 2009, sous le pseudonyme de… Marine Goodmorning.
Une façon de prouver à l’enfant que j’étais qu’elle aura toujours voix au chapitre.
Je suis très ravi de lire une histoire aussi émouvante que celle de Maine Goodmorning. J'étais moi aussi plein de projets d'enfants. Et sans argent je fonde une troupe de théâtre pour monter mes textes de théâtre que j'écrivais et assouvir mon envie de m'éclater pour divertir et éduquer en même temps.Mes chansons composées en grand nombre croupissent dans la cantine tandis que mes contes font du bon temps aux enfants.
Bravo pour vous, marine pour ce témoignage sur votre périple à travers le monde. Etes-vous venues en Afrique et dans quels pays. Elle serait très bien à vivre, l'Afrique...
Guillaume EKOUME
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Je suis très ravi de lire une histoire aussi émouvante que celle de Maine Goodmorning. J'étais moi aussi plein de projets d'enfants. Et sans argent je fonde une troupe de théâtre pour monter mes textes de théâtre que j'écrivais et assouvir mon envie de m'éclater pour divertir et éduquer en même temps.Mes chansons composées en grand nombre croupissent dans la cantine tandis que mes contes font du bon temps aux enfants.
Bravo pour vous, marine pour ce témoignage sur votre périple à travers le monde. Etes-vous venues en Afrique et dans quels pays. Elle serait très bien à vivre, l'Afrique...
Guillaume EKOUME
Conteur Comédien
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Dramaturge (jamais édeité)